Fin de tour du monde mais pas la fin du monde

Fin de tour du monde mais pas la fin du monde

Nous avons décidé de revenir de notre grand voyage. Nous nous sommes isolés pour cette décision un peu compliquée à prendre et on s’excuse de n’avoir rien dit à nos proches. On devait déjà gérer notre situation et ses multiples rebondissements !

Prends la clé, vite sors !

Les frontières ont fermé les unes après les autres en Amérique du Sud dans un délai très restreint. Perdus dans l’Atacama, nous prenions doucement la mesure de la pandémie de Corona dans le monde tout en envisageant sereinement un passage de frontière en Bolivie sous 2 jours. Mais pourquoi faire ? puisque tout fermait en cascades, même les endroits les plus isolés.

Hélas, le confinement avec un lama dans l’altiplano devenait impossible ! Rapidement, nous avons écarté cette hypothèse pour rester dans un pays que l’on connaissait, bien desservi par les transports, pourvu d’hôpitaux et d’un aéroport international.

C’est après une étude mondiale (rien que ça !) des délais de confinement et restrictions, des courbes épidémiologiques des pays, notre ratio dépenses/confinement à l’étranger, nos intuitions et nos émotions, on s’est rendu à l’évidence, ça ne servait à rien de rester. Nous pourrions au mieux reprendre le voyage que d’ici fin mai et encore. Le rendez-vous avec des amis au Pérou mi-avril ne pourra pas être honoré. C’est cuit…

Les billets sont achetés pour rentrer en France. On se pose à Santiago et on reçoit l’annulation 3 jours avant le départ. Rien d’étonnant. L’ambassade nous prévient que les vols internationaux seront suspendus à partir du 1er avril 2020 et que Air France va opérer quelques vols, mais… Mais les prix des billets explosent sur internet. Nos compétences de passe partout n’ont pas suffi et on est un peu à court de chance. Il nous faut de l’aide et des informations précises ; une seule solution appeler les amis qui travaillent chez AF !

Appel à un ami

Après quelques échanges, c’est le branle-bas chez les copains. Probablement influencé par la nouvelle légende de l’évasion, Carlos Ghosn, un des amis décide de se porter volontaire pour effectuer un vol de rapatriement. Son but est de réaliser notre exfiltration ; nom de code opération « Charlots’ gone ».

Franchement, on ne pouvait pas rêver mieux comme fin de voyage : être ramené par un ami. Cela fait un souvenir inoubliable en plus. On ne remerciera jamais assez notre copain pour cela.

La suite de notre voyage ?

On ne sait pas de quoi demain sera fait, où seront posés nos sacs puis nos cartons. Si on aura un chien, un chat, un lama, une cabane dans les bois !

Ce qu’on peut aujourd’hui vous dire :

  • nous avons réalisé notre rêve et si c’était à refaire, on n’hésiterait pas une seule seconde.
  • on rêve déjà d’un deuxième ! Un jour…sous un autre format peut être avec un véhicule.
  • on souhaite retourner voir plein d’amis aux quatre coins du monde.
  • les bénéfices sur la silhouette des 10 mois de voyage vont s’envoler en un mois de confinement où nous allons pouvoir retrouver une des meilleurs gastronomies du monde !
  • si peu le confinement terminé, on attaquera des apéros en masse avec amis, famille et nouveaux amis de tour du monde ! Et il y a plein de petits nouveaux que nous serons ravis de rencontrer.

Confinement oblige : on ne verra pas un chat !

Vu ce qui nous attend en France, nous allons avoir le temps de rattraper une partie de notre retard de publication ; comme vous pouvez le constater ! Il y a un « léger » décalage spatio-temporel d’écriture. On espère que cela vous divertira quelque peu pour les temps à venir !

De même, si vous avez reçu une carte postale d’un pays, postée depuis un autre pays, 3 mois plus tard, c’est parfaitement normal ! Qui a dit qu’on allait changer pendant ce tour du monde : En retard un jour, en retard toujours !

En espérant pouvoir venir trinquer avec vous d’ici peu, on vous embrasse… (ou pas) !

Kirghizistan pour les enfants

Petits nomades du Kirghizistan

Nous avons pris l’avion depuis Istanbul en Turquie pour se rendre au Kirghizistan en juillet 2019, troisième pays de notre voyage.

Situation géographique : pays d’Asie centrale

Pays frontaliers : Tadjikistan, Ouzbékistan, Kazakhstan, Chine

Capitale : Bichkek

Population : 6,2 millions

Langues officielles : le kirghize et le russe

Monnaie : le som (KGS)

Le Kirghizistan est un pays jeune. A la chute de l’U.R.S.S, le Kirghizistan est devenu indépendant en 1991. Les frontières ont été délimitées entre les pays d’Asie centrale (Tadjkistan, Ouzbékistan, Kazahkstan et Kirghizistan).

Je vous laisse découvrir cet incroyable pays, paradis de ceux qui aiment la montagne et vous mettre dans la peau d’un véritable petit nomade.

Un pays historiquement nomades

« L’homme doit bouger parce que le soleil, la lune, les étoiles, les animaux les poissons : tout bouge, seulement le sol et les espèces mortes restent là où ils étaient auparavant ».

Parole de nomades.

Les yourtes

Il y a fort longtemps, bien avant que les villes se construisent et que les habitants s’installent dans les maisons, les kirghizes habitaient principalement dans des yourtes et se déplaçaient au gré des saisons. Ainsi, au printemps et pendant l’été, ils pouvaient monter dans les pâturages pour nourrir les bêtes et préparer les vivres pour les mois d’hiver à venir.
De nos jours, la yourte reste très utilisée notamment en période estivale lorsque les éleveurs conduisent leurs bétails dans les pâturages en montagne ou sur les rives des lacs.

Certains accueillent des hôtes dans leurs yourtes et fournissent le gîte et le couvert en complément de leurs activités de fermier.

Les yourtes se montent et se démontent facilement en une heure ou deux. Loup a pu assister au montage et à porter du bout de ses petits bras quelques morceaux de bois que constitue la charpente d’une yourte. Ensuite, il a entouré la yourte de feutre pour l’isoler du froid afin de passer de bonnes nuits chaudes. Pour finir, il a installé la petite porte en bois joliment décorée à l’entrée de la yourte.
Il a été remercié généreusement avec une bonne assiette de mouton.

L'intérieur des yourtes

La table est toujours dressée avec des récipients de confitures, du pain, des cacahuètes et des sucreries à disposition toute la journée. Pour le repas, on sert : une salade en entrée puis un plat typique, comme le plov, à base de mouton, de riz, d’oignon et de carottes.

Des coffres en bois décorés sont disposés en face de la porte. Les nattes de couchage et les couvertures sont superposées sur les coffres pendant la journée. Elles sont dépliées pour le coucher.

Le poêle permet de réchauffer la yourte. Il n’y a pas d’arbres dans les steppes kirghizes. Des bouses de vaches sont ramassées, mises à sécher en tas et sont utilisées pour allumer le poêle.

Le tunduk est ouvert et permet d’aérer la yourte la journée lorsqu’il fait beau et évacuer la fumée du poele. Il donne sur le ciel et symbolise le soleil. Tu peux aussi retrouver le tunduk au centre du drapeau du Kirghizistan.

Dame Kirghize, ravie de nous accueillir dans sa cuisine, une tente dédiée aux repas. Elle prépare tous les repas pour les membres de sa famille, elle s’occupe des animaux les plus petits (agneau et poulain) et la logistique avec le plus jeune des enfants. Le mari et les enfants plus âgés partent la journée faire paître les animaux et faire boire les bêtes.

Interview d'une jeune kirghize

Irkaï
Kirghize

Lors de notre balade à cheval, nous dormions dans un camp de yourtes au lac Son Kul. Je rencontrais Irkaï qui a accepté avec grand plaisir de répondre à quelques questions en anglais. Nous avons traduit cet échange en français.

1) Comment t’appelles-tu et quel âge as-tu ? Je m’appelle Irkaï. J’ai 14 ans. Je vis à Bichkek mais je suis née au village de Kizart.

2) Que fais-tu dans ce camp de yourtes ? Je viens aider ma famille sur le camp de yourtes de fin Juin à fin août pendant la période estivale au Lac de Son Kul. Je suis contente d’habiter ici l’été, j’aime rencontrer des touristes. J’aime aussi être guide pour les touristes, mais je suis guide à pied car les filles ne montent pas à cheval dans notre culture. J’aime aussi voyager et je voyage en quelque sorte quand je rencontre des touristes.

3) Où aimerais-tu voyager ? J’aimerai voyager en Corée du Sud et en France.

4) Quelles langues parles-tu ? Je parle kirghize et russe, les langues nationales du Kirghizistan. Je parle anglais et un tout petit peu français. Je comprend le kazakh mais je ne sais pas le parler.

5) Qu’est ce qu’être nomade ? Ce sont des gens qui changent régulièrement d’endroit pour vivre. Les nomades vivent dans des yourtes. Par exemple, tu peux déménager si l’endroit ne te plait plus. J’aime la vie de nomade, c’est vraiment très intéressant.

6) Quel métier voudrais-tu faire plus tard ? Je veux travailler dans le secteur du tourisme. Je ne me vois pas uniquement dans un bureau. J’aime bien utilisé un ordinateur pour faire des brochures, renseigner les touristes mais je souhaite aussi les emmener dans la montagne et être guide.

7) Quelle est ta place dans la famille ? Le père est le chef de famille, suivi de la mère. En leurs absences, c’est le frère aîné qui prend le rôle de chef de famille. Par exemple, je suis la plus jeune de ma fratrie, je respecte ce que me demandent mes aînés et ce qu’ils me donnent à faire. Autrefois, la femme s’occupait essentiellement du foyer et des enfants, aujourd’hui de plus en plus de femmes travaillent au Kirghizistan et les mœurs évoluent.

Ce respect s’observe aussi dans les transports publics. Le plus jeune se lève toujours de sa place pour la laisser à quelqu’un de plus âgé que lui. Egalement, toutes les femmes enceintes ou les parents avec un enfant sont prioritaires pour s’installer.

Les roses kirghizes

J’ai eu la chance de rencontrer des petites filles très gentilles au festival de jeux nomades. Avec Loup, nous avons fait leur connaissance entre deux parties de Kök Börü.

Nous avons tout d’abord dessiné : des lapins, le sapin de Noël, des papillons, des fleurs et la femme kirghize vêtue de son costume traditionnel. Loup s’est fait tiré le portrait !

Puis, j’ai prêté mon appareil photo aux filles pour qu’elles puissent prendre toutes les photos qu’elles souhaitaient. Elles ne connaissaient pas cet appareil et étaient enchantées à l’idée de s’en servir. Après quelques explications sur le zoom, elles ont posé entre elles et ce sont prises les unes et les autres en photo ainsi que leur famille.

Elles ont également posé avec plaisir. Les roses kirghizes n’ont pas fini de me manquer !

Transports sur place

D’un pays à l’autre, nous ne choisissons pas les mêmes modes de transports. Tout dépend des possibilités sur place. Pour le Kirghizistan, nous avons retenu principalement trois transports :

1. La marchroutka,
un petit bus

2. Beaucoup de marche !

3. Tentative équestre !

Nous avons rencontré des voyageurs utilisant d’autres moyens de transport. Baptiste et André étaient à vélo, Sandrine voyageait à cheval pendant un mois, Leslie et Julien se déplaçaient avec leurs 4×4 et Jean-Marc était à moto. A chacun son transport !

Quant à notre ami Loup, il randonnait sur le dos de Charlie ou sur son sac pour faire la sieste !

Randonnées au Kirghizistan

Où dormir ?

Au Kirghizistan,  il est possible de camper avec sa tente ou de dormir en yourte chez les habitants. Nous avons essayé les deux !

Notre campement (à moitié monté pour une sieste à l’abri du soleil brûlant)

Yourte chez les nomades

Vivre en montagne au Kirghizistan

Certains endroits peuvent être ralliés uniquement à cheval ou à pied. Le 4×4 permet de s’approcher au mieux mais il ne peut conduire jusqu’à la yourte. Il faut finir à pied ou à cheval. Il est ainsi plus difficile d’acheminer de la nourriture et de l’eau potable dans les campements les plus éloignés en montagne. Comment faire pour s’alimenter et boire en montagne ?

La nourriture

Il faut emmener des aliments qui se conservent bien car il n’y a pas de réfrigérateurs et consommer des produits locaux (du mouton par exemple).

Les villes ont toutes leur bazar dans lequel il est possible de TOUT acheter ! Chaque commerçant tient son échoppe et vend des légumes, des fruits, du pain, des gamelles, de la vaisselle, une selle pour le cheval, une pièce pour réparer la voiture, un poêle à bois, des habits, etc..
Il est possible de monter à bord des marshroutka, ces petits bus publics, qui relient les villes et les villages entre eux. Les kirghizes font leur marché au bazar, achètent des quantités de légumes, de riz, de pommes de terre et d’oignons, de fruits de saison pour faire des confitures. Loup a mangé tellement de confiture de framboises qu’il a fini le museau tout rose !

D’ailleurs, pour vous raconter une anecdote, les gens avaient tellement acheté de pastèques qu’elles roulaient sous les sièges du bus, les framboises sortaient de leur récipient et commençaient à se renverser sur les sacs…

L'eau

En montagne, il n’y a pas d’eau courante au robinet, ni de magasin pour acheter une bouteille d’eau minérale. Il faut donc aller la chercher au puits lorsqu’il y en a un qui a été construit (très rare) ou aller à la rivière pour la récupérer dans des sceaux. L’âne peut aider à ramener les bidons. Il faut faire attention dans quelle rivière on récupère l’eau car il y a des rivières plus propres que d’autres. Si la rivière est en contrebas de la montagne, elle a croisé sur son chemin nombre d’animaux qui vivent et qui ont fait leurs besoins à proximité des cours d’eau. Cela peut rendre malade. Il faut donc essayer de prendre l’eau la plus propre possible.

La douche

Loup a rencontré Dastan, un petit cheval kirghize, avec qui il a sympathisé. Dastan est aussi devenu un compagnon de voyage dans ce tour du monde.

« J’ai une petite question Dastan. Tu as dit qu’il n’y avait pas de robinet. Donc j’imagine que vous ne pouvez pas prendre de douche non plus ? » se questionna Loup.

Dastan éclate de rire :
« Tu es vraiment un Loup des villes ! Suis-moi, le premier au lac a gagné. »
Loup arrive avant Dastan au lac, mais à peine il trempe une patte qu’il hurle : « mais c’est gelé, je ne vais pas me laver ici quand même ! ».

Dastan accourt et fonce dans l’eau bien fraîche sans difficulté :
« Allé viens Loup, c’est une grande baignoire, elle est juste un peu fraîche !
– Je dirai plutôt glacé, répond Loup qui grelotte et avance timidement une patte après l’autre. »

Les toilettes

Les toilettes se situent à l’écart du camp de yourtes. Un trou est creusé dans le sol, recouvert de deux planches en bois pour poser les pieds. Le toilette est aux quatre vents, il est bien ventilé. Seules les mouches viennent nous déranger !

Cette cabane existait au fond des jardins de vos grands parents ou arrière grands-parents, du temps où les maisons n’avaient pas de toilettes à l’intérieur.

Les compagnons de marche

En randonnée, nous avons eu la chance de croiser des animaux que nous croisons peu ou jamais dans notre pays : des marmottes et des yaks ! Les yaks ne sont pas effrayés de notre passage mais les marmottes se cachent très vite lorsqu’elles entendent du bruit. Il faut marcher à pas de loup puis s’arrêter pour avoir la chance de les contempler.

Madame Marmotte

Monsieur Yak

Chevauchée kirghize au lac Son Kul

Nous avons testé le moyen de transport local à quatre pattes, le cheval, pour nous rendre au lac Son Kul. Dans les steppes et montagnes kirghizes, le moyen de transport le plus utilisé est le cheval. 

Partis avec notre très gentil guide, Kalybek, les trois chevaux partent au pas pour sortir du village et rejoindre la vallée. Nous faisons une petite pause pour que les chevaux puissent boire avant d’entamer la montée.

« Il y a des animaux partout : des moutons, des vaches ! Oh mais quelle est donc cette impressionnant taureau à poil long ?! s’écria Loup.
– C’est un Yak ! C’est aussi la première fois que j’en vois un ! s’exclama Charline.
– Les animaux sont montés avec les bergers pour pâturer tout l’été, précisa Charlie.
– Ça veut dire quoi pâturer ? demanda Loup.
– Bonne question Loup ! Les bergers accompagnent les moutons, les vaches, les chèvres. Ils viennent profiter de l’été pour que les animaux marchent et mangent dans les montagnes où l’herbe est en abondance ! lui expliqua Charline. »

Loup commence à avoir mal au derrière sur la selle du cheval !
« Quand est-ce qu’on arrive ? s’inquiéta Loup.
– Bientôt, nous sommes presque arrivés. Nous dormons dans les yourtes, nous allons être accueillis par les nomades, manger et dormir chez eux, le rassura le guide. »

Loup se réjouit et part au galop jusqu’à la yourte.
Il est accueilli par une dame Altynay qui l’installe dans la yourte principale où se prennent les repas.
« Servez-vous Monsieur Loup, je vous en prie, votre dîner est servi. »

Dans le coeur des kirghizes

Le cheval kirghize

« Les chevaux sont les ailes des kirghizes ». Le cavalier kirghize peut rassembler ses troupeaux, se baisser en pleine course pour ramasser un objet, un animal ou un enfant ; son agilité n’est plus à démontrer !

Le cheval fait parti de la vie nomade depuis des siècles. Il permet de déplacer les troupeaux au gré des saisons et de surveiller le bétail. C’est également lui qui rend possible le déménagement de la yourte et des effets de la famille.
Dès le plus jeune âge, les enfants montent à dos d’âne ou à cheval et galopent à travers les steppes.

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Aujourd’hui, aucun évènement sportif ne peut se passer de Monsieur Cheval ! En voici deux exemples :

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Le Kök börü : Sport national, se pratique monté : deux équipes s’affrontent pour déposer une carcasse de chèvre dans le but adverse. C’est un peu comme du rugby à cheval !

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Er enish : la lutte à cheval : il s’agit du même principe que la lutte au sol mais à cheval, il faut mener son adversaire à toucher le sol.

La police kirghize se déplace aussi à cheval en montagne. Ils s’accordent une petite séance photo à côté du lac Son Kul.

L'hospitalité kirghize

Dans notre aventure, il y a toujours la découverte d’un pays, de ses paysages, son environnement, sa langue, mais il y a surtout les gens qui l’habitent, qui s’y promènent, qui festoient ou simplement, qui vivent. Nous avons eu la chance à travers la Grèce et la Turquie d’être bien accueillis, voir très bien ! Au Kirghizistan, accueillir l’étranger, quel qu’il soit, d’où qu’il vienne, prend une autre envergure : c’est un devoir quasi sacré dans la tradition nomade, que les kirghizes honorent avec un grand plaisir.

Ces anciens amis d’école nous ont accueillis à leur table pour partager leur pique nique et nous faire essayer leurs beaux chapeaux kirghizes.

Nous étions les seuls à camper avec ces trois kirghizes au pied du lac Kel Suu. Ils nous ont fait découvrir des bouquetins qui se cachaient dans les montagnes puis nous ont emmené sur leur bateau pour s’enfoncer au fond du lac admirer le glacier. Avec une température proche de zéro à la tombée de la nuit, nous partageons tous ensemble des gâteaux et du thé pour se réchauffer.

Après avoir gravi le col d’Ala Kul à 3.920m, traversé un sacré orage puis une grosse rivière à pied, nous avons croisé le chemin de cette famille qui nous a invité à rester chez eux. Nous avons pu partager un bon diner tous ensemble sous leur yourte et repris notre randonnée le lendemain. Ils ont souhaité que l’on monte aussi sur leurs chevaux.

Les chapeaux

Le couvre-chef traditionnel kirghize, l’Ak-kalpak, protège à la fois du soleil et du froid. Le rebord est retroussé et sa couleur est assortie aux broderies. Constitué de feutres de laine blanc, il représente les sommets des montagnes enneigés au Kirghizistan. 

Les kirghizes portent des chapeaux différents selon leurs âges. Plus le rebord du chapeau est foncé, plus la personne est âgée. Les couvre-chefs trônent sur les têtes des kirghizes dans la vie courante comme les jours de fêtes.

Ce chapeau est caractéristique de l’habit ouzbek (le pays à l’Ouest du Kirghizistan). On peut l’observer sur les têtes des habitants au sud du pays et plus particulièrement dans les enclaves ouzbeks.

Le défi lancé par notre amie Azema

Réalise un dessin du paysage du Kirghizistan et envoie le nous !
Pour réussir votre dessin, nous vous donnons quelques consignes ; il faut :
1) Un drapeau kirghize
2) Des montagnes
3) Une ou des yourtes
4) Une famille kirghize
5) Des chevaux
6) Des animaux (moutons, vaches et yaks)
7) et tout ce dont vous avez envie !

Envoie-nous ton dessin à l’adresse suivante : charline@pasuncha.com

Vous pouvez retrouver nos photos du Kirghizistan sur le lien suivant.

Jakshy kalyngyze

– Au revoir en kirghize –

Da zvidania

– Au revoir en russe –

Il est bien plus simple à prononcer !

Kirghiz-tradi

La vie au Kirghizistan

Son ou plutôt ses peuples

Le nom « Kirghiz » signifie « nous sommes quarante », en référence aux quarante tribus de Manas, un héros légendaire qui a réuni les clans régionaux contre les Ouïghours. C’est pour cela que le drapeau du Kirghizistan compte 40 rayons uniformément espacés autour d’un « Tündük », pièce sommitale de la charpente traditionnelle de la yourte kirghize et symbole de l’unité du pays.

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Aujourd’hui, tous les habitants du Kirghizistan ne sont pas des Kirghizes ! Cette ethnie majoritaire représente environ les 2/3 de la population du pays mais on trouve aussi des Ouzbeks, des Russes, des Douganes, Ouïghoures, Tadjikes, Meskhètes et quelques Kazakhes… La répartition des ces populations varie du nord au sud du pays. On trouve par exemple plus d’Ouzbeks dans le sud, non loin de la frontière avec l’Ouzbékistan.

« L'Homme doit bouger parce que le soleil, la lune, les étoiles, les animaux, les poissons : tout bouge, seulement le sol et les espèces mortes restent là où ils étaient auparavant »

Les tribus nomades kirghizes se seraient installées dans les massifs du Tien-Chan et du Pamir entre les IXe et XIIe siècle et viendraient des bords du fleuve Ienisseï en Sibérie. Les Kirghizes ont survécu aux différents envahisseurs grâce à leurs mode de vie nomade et à leurs excellentes maitrise du cheval. Ils ont ainsi conservé leur suprématie sur les peuples sédentaires pendant près de 2.500 ans.

Les villages (aïls) sont gouvernés par des chefs appelés « manaps », aidés de conseillers (aksakals). Le doyen du village se doit d’être l’homme le plus sage et le plus riche afin d’honorer son devoir d’hospitalité. Point de totalitarisme ici, si le chef devient trop autocratique, le village peut tout simplement se déplacer pour rejoindre un autre groupe !

Si les Kirghizes ont été sédentarisés (de force) pendant la période soviétique, leur identité nomade est restée présente. La même passion des chevaux et des « akyns » (poètes) les rassemblent toujours, dans la steppe ou autour du feu, le soir. Le pays est aussi fier d’être le premier à avoir proclamé son indépendance de l’URSS en 1991.

« Avec ton père tu connais le peuple...

Un homme kirghize se doit de connaître le nom de ses ancêtres en ligne paternelle sur sept générations. C’est ainsi que se transmet l’appartenance tribale.

Aujourd’hui, les kirghizes conservent, le « Sanjyra« , ou l’arbre généalogique par écrit ; autrefois il était récité par les conteurs de la tribu. Cela revet aussi une raison pratique. S’il est préférable de se marier hors de sa tribu, il est interdit de s’unir entre individus en deçà du 7ème degré de parenté…

Un jeune chanteur kirghize, Мирбек Атабеков, chante l’attachement aux ancêtres et à la vie nomade. On vous laisse découvrir en musique. Vous l’entendrez forcément dans une marshroutka si vous allez au Kirghizistan, jeunes et plus anciens, la connaissent par coeur !

... avec ton cheval tu connais le territoire »

« Les chevaux sont les ailes des kirghizes ». Le cavalier kirghize peut rassembler ses troupeaux, se baisser en pleine course pour ramasser un objet, un animal ou un enfant ; son agilité n’est plus à démontrer !

Le cheval est une partie intégrante de la vie nomade depuis des siècles. Il permet de déplacer les troupeaux au gré des saisons et de surveiller le bétail. C’est également lui qui rend possible le déménagement de la yourte et des effets de la famille.

Ce compagnon fidèle, travailleur et moyen de transport, est aussi un partenaire de jeu et une source d’alimentation (boisson, viande). Enfin, c’est encore le cheval qui a permis aux kirghizes de conserver leur liberté en permettant de fuir les oppresseurs ou de les combattre.

Aujourd’hui, aucun évènement sportif ou festif ne peut se passer de cet équidé.
  • Le Kök Börü, sport national, se pratique monté : deux équipes s’affrontent pour déposer une carcasse de chèvre dans le but adverse. C’est un peu du rugby à cheval !

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  • Le Kyz Kumaï est une course à cheval entre une cavalière et un cavalier. Si l’homme rattrape la femme, il a le droit à un baiser et si la femme rattrape l’homme, elle a le droit de le fouetter !

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Le « Kumis »

Il s’agit d’une boisson dont raffole les kirghizes. Ils sont capables de s’arrêter au milieu de nulle part car ils savent qu’ils peuvent trouver un bon Kumis venu d’un Jailoo réputé. Le nom de la capitale, Bishkek vient du nom de l’instrument qui permet le barattage pour faire le kumis.

Cette boisson est faite à base de lait de jument fermenté. Elle est connue depuis l’Antiquité. Hérodote qualifie ce brevage de « nourrissant, fortifiant et stimulant« .

Malgré toutes les vertus, avérées ou supposées, de cette boisson caractéristique des nomades, on doit vous dire que nos papilles d’européens n’ont pas trop aimé le gout amère et acide qu’elle laisse en bouche !

Les chapeaux kirghizes

Le chapeau traditionnel kirghize est un symbole national. Pour preuve, le parlement a voté une loi obligeant le Président à porter ce couvre-chef lorsqu’il se rend à l’étranger !

Le couvre-chef traditionnel kirghize, l’Ak-kalpak, protège à la fois du soleil et du froid. Le rebord est retroussé et sa couleur est assortie aux broderies. Constitué de feutres de laine blanc, il représente les sommets des montagnes enneigés au Kirghizistan. 

Les kirghizes portent des chapeaux différents selon leurs âges. Plus le rebord du chapeau est foncé, plus la personne est âgée. Les couvre-chefs trônent sur les têtes des kirghizes dans la vie courante comme les jours de fêtes.

Ce chapeau est caractéristique de l’habit ouzbek (le pays à l’Ouest du Kirghizistan). On peut l’observer sur les têtes des habitants au sud du pays et plus particulièrement dans les enclaves ouzbeks.

On ne touche pas aux symboles ! Un chien a défilé coiffé du chapeau traditionnel kirghize  lors d’un spectacle canin. Des sanctions ont été réclamées à l’encontre du maître chien pour insulte au symbole national.

Sous la yourte

Au sommet de la yourte, il y a la porte vers le ciel appelée "Tunduk". Ce cercle symbolisant le soleil est lié aux ououks, des poutres en bois qui maintient la coupole du "bozuï" (yourte) comme la coupole du ciel

La carcasse en peuplier est tenue par des fils de cuir tannés de graisse, couverte par une protection en jonc lié l’un à l’autre par le « tchiy » (fil de laine). Elle est ensuite couverte par une couche de feutre.

A l’intérieur, la table est toujours dressée au cas où un invité ferait son apparition. En effet, nourrir un invité est un devoir sacré !

Des coffres en bois sont disposés en face de la porte. Les nattes de couchage et les couvertures sont superposées sur les coffres pendant la journée. Elles sont dépliées pour le coucher.

Et dieu dans tout ça !

La religion change aussi en fonction des ethnies. Le Kirghizstan est supposé être un pays musulman mais quand on regarde dans le détails, il apparaît que les Kirghizes (ethnies) restent attachés au Tangrisme ou Tengrisme.

Les tengristes considèrent que leur existence est soutenue par l’éternel ciel bleu (Tengri), l’esprit fertile de la terre-mère (Eje) et un souverain considéré comme l’esprit saint du ciel. Le ciel, la terre, les esprits de la nature et des ancêtres répondent à tous les besoins et protègent les êtres humains. En menant une vie droite et respectueuse, un Homme maintiendra son monde et son esprit en équilibre. Il faut ajouter que le tengrisme est basé sur une relation de l’Homme avec les esprits et ses expériences personnelles. Ainsi il ne peut être fixé par des écrits et il ne peut donc pas y avoir de dogme.

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Lorsqu’il s’agit d’aller rencontrer son Créateur, la tradition nomade perdure. Le défunt est honoré jusque dans sa dernière demeure.

Petits joyaux greco-turcs

Les petits joyaux greco-turcs

Et si on mangeait un grec?!

La naissance du kebab a eu lieu en Allemagne lorsqu’un jeune immigré turc a eu l’idée de mettre de la viande grillée dans un pain au cours des années 60-70. La renommée du tout premier kebab se dispute principalement entre trois hommes, Kadir Nurman, Mehmet Aygun et Nevzat Salim laissant un flou sur le vrai précurseur. Les Turcs scandent que le kebab a bien été inventé dans leur pays et non en Allemagne. Bref, le mystère n’a pas empêché quiconque de terminer une soirée bien arrosée à 5h du mat avec une fringale et engloutir ledit sandwich ! Lorsque la Turquie s’appelait encore Empire Ottoman, les soldats turcs et grecs grillaient déjà des morceaux de viande en les tournant au dessus du feu avec leurs épées. 

Mon cher compatriote bourguignon Bertrandon de La Broquère indiquait en l’an de grâce 1433 dans son livre Le voyage d’Orient : « les Turcs me firent manger de la viande rôtie, qui n’était pas à moitié cuite, il s’en fallait de beaucoup, et nous la tranchions alors qu’elle rôtissait sur la broche ». Il aura fallu attendre la fin du XIXème siècle pour que la broche verticale soit inventée par Iskender. Servi en assiette ou en sandwich, le döner ou le gyros n’a pas fini de tourner ! Pour conclure, je finirai sur une touche de chauvinisme, les kebabs et hamburgers n’ont pas fait plier notre sandwich baguette qui demeure n°1 avec son jambon-beurre en France.

Le café traditionnel

C’est bien connu, tous les pays préparent le café à leur manière. En Grèce, nous avons été surpris en commandant notre 1er café : le serveur nous a listé exhaustivement sa carte. Il y en a de toute sorte : des froids, des chauds, des frappés, des petits, des moyens, des américains, des espressos, sucrés ou non… et surtout le fameux café grec traditionnel Ellinikos. De quoi faire pâlir un italien ! Boire un café grec ou turc (Kahvesi) sans finir avec du marc sur les dents, c’est possible, à condition d’attendre que le marc se dépose au fond et aspirer le breuvage plutôt que de le boire rapidement. Nous comprenons mieux pourquoi le café est servi avec un verre d’eau.. pour se rincer les dents. Qu’il soit grec ou turc, il se prépare dans une mini casserole en cuivre ou en fer blanc à base d’un mélange de café, d’eau et de sucre à feu vif mais sans le faire bouillir.

Si vous êtes en hypoglycémie sévère, accompagnez votre dégustation de baklavas et de loukoums, petits gâteaux composés essentiellement d’ingrédients légers : beurre, sucre, arachides !

A Denizli, tout en partageant un café entre amis, un turc nous a expliqué quelques usages et traditions autour de ladite boisson. Certains sont encore d’actualité.

Lorsqu’un turc reçoit des invités dans sa maison. Il sert un café et un verre d’eau :

→ Si l’invité boit le verre d’eau en premier, cela signifie que la personne a faim. Dans ce cas, la famille s’affaire en cuisine pour préparer de quoi contenter l’hôte.

→ Si l’invité commence par le café, on lui demandera s’il a faim. Si une personne retourne sa tasse de café dans la soucoupe, cela signifie qu’elle souhaite connaître son avenir. Un de vos amis interprétera les formes dessinées par le marc de café pour connaître votre destinée.

Quelques exemples : deux lignes épaisses vous annoncent un voyage par voie maritime, un dessin de clé signifie que vous allez déménager, une poire est le signe que vos ennuis se terminent bientôt ; les trois points en triangle indiquent qu’un de vos amis vous demandera de l’aide. Aidez-le. Et bien d’autres !

Le café s’immisce également lors de certaines occasions familiales. Dans un premier temps, les couples turcs se côtoient puis vient la rencontre des parents. Une fois qu’ils ont terminé de discuter de divers arrangements : si la femme sert un café salé à son prétendant, elle ne souhaite pas se marier avec lui (ou lui fait une blague selon le degré d’humour de la famille !). Si elle sert un café sucré, cela signifie qu’elle est d’accord.

Un oeil sur le mauvais sort

L’oeil porte bonheur déjoue jaloux et envieux qui souhaitent vous jeter un sort à travers le mauvais oeil. Il s’agit du Matiasma en Grèce et du Nazar Boncuk en Turquie. Il se retrouve accroché à l’entrée des maisons, des rétroviseurs de voiture, suspendus aux terrasses, en porte clés, etc.. Une grande partie de la production est constituée de bouteilles de raki recyclées ! Si vous êtes superstitieux, ne repartez pas de ces pays sans votre amulette. Vous en trouverez partout dans les bazars.

Cha plait

Que l’on soit chrétien orthodoxe ou musulman, la Grèce et la Turquie accordent une attention particulière à cet objet de dévotion qu’est le chapelet (Misbaha pour les musulmans, Tchotki pour les chrétiens orthodoxes).

Il danse, il glisse, il file entre les doigts, il claque sur la main, dans un sens puis dans l’autre. Le chapelet tourne sur les doigts en signe de bravoure ou pour réciter des prières.

Chacun choisit celui qui lui convient : 33, 50, 99, 100 ou 300 grains. Les petits joyaux en bois, en métal ou en pierre précieuse virevoltent fièrement peu importe la religion.. Pas de discorde sur le chapelet !

La Turquie pour les enfants

Petites histoires de Turquie

Arrivés à bord d’un ferrie depuis Rhodes, nous débarquons en Turquie, notre deuxième pays après la Grèce. La capitale du pays est Ankara. Toutefois la plus grande ville du pays demeure Istanbul qui garde sa grandeur d’antan.

Autrefois nommée Constantinople, elle s’est développée sous l’empire romain jusqu’à sa conquête par les ottomans, musulmans venus d’Asie Centrale, au XVème siècle. A son apogée au XVIème siècle, l’Empire ottoman bordait une grande partie de la Mer méditerranée et de la mer Noire. Cet empire s’est fragmenté au début du XXème siècle.

L’actuelle Turquie se dresse sur une partie de ces anciens territoires, aux confins de l’Europe et aux portes de l’Asie. Il nous faut donc utiliser une nouvelle monnaie, la livre turque en échangeant nos derniers euros dans un bureau de change. Au mois de juin 2019 : 1 € = 6,5 TL

Mille et une mosquée

Dans les différents pays du monde, il existe trois religions monothéistes principales. C’est à dire que les gens croient en un seul Dieu et ont des lieux de culte différents.

  • Les chrétiens reconnaissent Jésus comme le messie et prient dans les églises.

  • Les juifs prient dans les synagogues et appellent leur Dieu Yahve.

  • Les musulmans pratiquent l’Islam, croient en leur Dieu Allah et prient dans les mosquées.
Nous verrons dans d’autres pays qu’il existe d’autres religions, mais n’allons pas trop vite !

Mosquée Konak à Izmir

Mosquée Mevlana à Konya

En Turquie, plus de 80% de la population croient en l’Islam, la religion musulmane. C’est pourquoi on a pu croiser autant de mosquées dans notre voyage en Turquie. Chaque village a sa mosquée et les villes en ont mêmes plusieurs. Cela nous a rappelé la Grèce avec ses nombreuses églises et chapelles.

Certaines femmes portent un voile sur leurs cheveux par pudeur ou par conviction religieuse. Elles choisissent souvent de très belles couleurs pour allier beauté et religion. Quant aux hommes, ils font tourner leur chapelet sur leur main pour réciter leurs prières.

Le muezzin est chargé de l’appel à la prière 5 fois par jour depuis un minaret (la plus haute tour sur la photo). C’est un peu comme les cloches des églises en France.
Il existe différentes tailles et styles architecturaux. Nous avons aimé les visiter et contempler leur beauté.

La traite des vaches avec Zélia à Olgunlar

Loup se réveille à Olgunlar, petit village de montagne, après une bonne nuit de sommeil. Il boit son verre de lait et déjeune du pain grillé avec du miel. Aujourd’hui, une question le taraude :
« Mais d’où vient le lait ? Il est drôlement bon !
– Bonne question Loup. Nous sommes au bon endroit pour te répondre, lui dit Charline. »
Le déjeuner terminé, Charline embarque Loup pour une visite à la ferme. Loup enfile ses bottes et nous voilà partis à l’étable rejoindre Zélia.

«  Bonjour Zélia, Je vous remercie de nous accueillir chez vous, s’exclama Loup.
– Enchanté Monsieur Loup. Je te propose d’observer la traite des vaches pour que tu comprennes mieux d’où vient le lait que tu bois. Pour commencer, je fais rentrer les vaches dans leur étable. Je m’installe sur mon petit tabouret en bois pour être au niveau des pis, lui expliqua Zélia.

– Pourquoi les vaches meuglent ? s’étonna Loup. On dirait qu’elles ne sont pas contentes de ne plus être dehors à brouter l’herbe.
– Elles rechignent rarement à rentrer et des fois, ce sont mêmes elles qui beuglent devant l’étable et me rappelle que je suis en retard pour la traite ! C’est un moment que les vaches attendent car elles ont beaucoup de lait et cela soulage leurs mamelles de les traire, précisa Zélia.

 

– Ah d’accord, je comprends mieux. Et à quel moment de la journée a lieu la traite ? questionna Loup.
– La traite a lieu deux fois par jour, le matin et le soir, chaque jour de l’année, répondit Zélia.

– Vous faites un beau métier et vous êtes très courageuse, rétorqua Loup.
– Merci Monsieur Loup. Nous sommes nés ici et nous avons repris la ferme des parents de mon mari. C’est un métier qui demande du temps mais nous aimons tellement la montagne, la ferme et les animaux que nous sommes vraiment heureux au pied du Mont Kaçkar ! Nous voyageons grâce aux vacanciers de passage qui nous parlent de leurs pays et de leurs vies, un peu comme toi Loup. »

L'écrémage avec Ibrahim

« Viens avec moi Loup, nous allons emmener le sceau de lait à mon mari. Il va te montrer la suite du travail. »
Sous un petit appentis, Ibrahim, verse le sceau dans l’écrémeuse puis tourne la manivelle. Le lait frais sort de la crème d’un côté et du lait écrémé de l’autre.
«  Wahou c’est magique, s’émerveilla Loup qui s’empresse de tourner la manivelle à son tour.

– Parait-il que tu habites dans un endroit où il y a du très bon fromage Loup ? demanda Ibrahim.
– Oui, tout à fait. Je viens de la capitale du comte, Poligny, c’est un fromage à pâte dure contrairement à votre fromage à pâte molle. Il y en a du doux et du fruité pour tous les palais, dit-il en se léchant le museau un peu nostalgique en pensant à son fromage préféré. »

Loup et Charline retrouvent Charlie qui était parti observer les apiculteurs en plein ramassage de miel.

De retour au chalet, Loup et Charline sortent du fromage fraichement acheté à la ferme pour entamer la dégustation.

« Ça ne sent pas très bon ! soupira Charlie.
– Tu ne vas pas nous en faire tout un fromage ! lui répondent en cœur Charline et Loup. »

 

Une histoire de gourmandise

Dans les montagnes turques, le miel est tellement succulent que les ours alléchés par l’odeur profitent de la nuit pour en manger directement dans la ruche. Quels coquins ces ours !

Le matin, les apiculteurs ne sont pas contents en découvrant les ruches attaquées. Les abeilles sont agitées et de peur, piquent les professionnels.

Beaucoup de propriétaires de ruches installent des caméras pour surveiller les ours la nuit et renforcer la sécurité des ruches.

Un apiculteur a offert une petite dégustation aux ours pour savoir parmi différentes sortes de miel quels étaient leurs préférés.

« Oups…

Pris la main dans le pot ! »

La fée Cappadoce

Au cœur de la Turquie se dessine dans la brume un paysage fantastique parsemé de formations rocheuses propice aux contes de fée.

Il y a des milliers d’années, des volcans ont dessiné un paysage coloré (jaune, blanc, rouge) avec des couches successives de cendres et de laves.

Près d’Uchizar, une petite fée sort sa tête par une fenêtre creusée dans la roche pour faire son tour quotidien. Elle déploie ses ailes et commence par survoler la vallée des pigeons afin de saluer ses amis. Puis elle fait un détour par la vallée de l’amour avant de revenir par celle des épées.

La fée Cappadoce a traversé les siècles, elle connaît l’histoire et les recoins de ces vallées mieux que personne. Elle a élu domicile dans une maison troglodyte qu’elle a décoré avec goût. Cette fée remplit avec brio sa mission de protection de sa région.

Il y a fort longtemps, elle guettait les envahisseurs venus de pays lointains et prévenait les villageois de Cappadoce en cas d’attaque. A la vue d’une armée ennemie, ni une, ni deux, elle rassemblait tous les habitants et les guidaient jusqu’aux entrées secrètes des villes souterraines. Là, animaux et humains pouvaient se réfugier pendant que les soldats combattaient les assaillants au-dehors.

Elle est aussi la gardienne des cheminées de fée. Elle veille encore aujourd’hui sur ces étranges formations géologiques que le vent, la pluie et le gel effritent année après année. Ces cheminées sont formées d’une accumulation de couches d’un tuf friable surmontées de roches plus dures. Fragiles comme des châteaux de sable, le paysage change avec le temps. Les cheminées s’affinent sous les effets de l’érosion avant de s’effondrer et de disparaître.

Alors pour protéger les habitants, la fée Cappadoce a toujours surveillé l’avancée de l’érosion et prévient les habitants lorsqu’il est temps de déménager dans une maison au nouveau village.
Elle doit rester prudente et ne pas trop s’approcher des montgolfières lorsqu’elle survole ces terres puisque ses ailes sont extrêmement fines et fragiles. Ces ballons volants ne lui veulent aucun mal. Ils promènent les touristes qui admirent la vue depuis les airs.

Pour autant, un ennemi, bien mal intentionné, rode dans les environs. La sorcière Carabosse, a tenté plusieurs fois de prendre la place de sa rivale la fée. En vain.
Les habitants ne sont pas dupes. Ils savent combien leur fée Cappadoce, fidèle et précieuse, les a protégé de mille et un soucis. Ils sont donc partis à la chasse à la sorcière Carabosse et ont réussi à la repousser au-delà des frontières de la Turquie. La fée Cappadoce peut donc continuer à voler, ailes au vent, protéger cet environnement doré.

Pour aller plus loin

Pour en savoir plus sur la Cappadoce, son histoire, ses formes géologiques et ses incroyables villes souterraines, je vous conseille le reportage de Jamy, Fred et Sabine, j’ai nommé C’est pas sorcier !

Les plantations de thé

Les turcs adorent le thé. Ils en boivent à toute heure. Ils ont d’ailleurs des plantations de thé dans la région de Rize. Loup a regardé la cueillette des feuilles de thé. Les ramasseurs déposent les feuilles dans de grosses hottes en osier puis les porteurs les rassemblent dans de gros sacs en toile de jute. Ça ressemble aux vendanges sauf qu’ils ramassent des feuilles et non du raisin !

Loup se demande si c’est un téléphérique ou une tyrolienne et s’il aurait le droit d’en faire un tour !
Le porteur lui répond que ce n’est pas pour transporter des homme ni des animaux.
Cette installation permet de descendre ou monter de lourds sacs sur ces terrains en pente. Il lui accorde toutefois de monter dessus pour une petite photo.

Après avoir contemplé le travail des ramasseurs de thé, Loup s’offre une petite sieste sur la cueillette du jour.

A son réveil, il ne manque pas une petite dégustation de thé avec notre ami Ahmet !

Güle güle

Au revoir en turc